Que la nature soit cruelle et maître du destin des viticulteurs, chacun a pu le constater la semaine dernière. En subissant une vague nationale de gel, le vignoble français a vécu un épisode aussi dramatique qu’en 1991.

Comme la grêle, le gel est chaque année un aléa climatique que les vignerons redoutent. Après des primeurs magnifiques à Bordeaux début avril, les vignerons ont malheureusement dû faire face à une grande vague de froid.

A partir de la sortie des premiers bourgeons jusqu’aux Saints de Glace la menace pèse et les viticulteurs scrutent la météo avec angoisse. Provenant d’une croyance populaire européenne, Les saints de glace représentent une période située autour de st Mamert, St Pancrace et St Servais, traditionnellement célébrés les 11, 12 et 13 mai de chaque année. On a pu observer que passées ces dates, il n’y avait plus de risque de gel.

Les régions viticoles les plus menacées par le gel…

Tous les vignobles sont concernés mais il est vrai que nos régions les plus septentrionales se trouvent plus souvent touchées par ces terribles vagues de froid au printemps : Vallée de la Loire, Alsace, Jura et Champagne. Jouant de malchance, certains viticulteurs ont vu leurs vignes gelées pour la troisième année consécutive dans le Val de Loire. Et d’autres, en Bourgogne, après avoir essuyé trois années de grêle consécutives ont subi cette année le gel. Difficile de maintenir des exploitations à flot dans ce contexte…

2017, comme 1991, a été touchée dans tous les vignobles de l’hexagone, Bordelais inclus. Trois nuits consécutives les 19,20 et 21 avril les températures sont descendues jusqu’à -6°C. Puis encore plus bas une semaine plus tard les 27 et 28 avril, si bien que les vignerons qui avaient eu la chance d’échapper à la première vague n’ont rien pu faire lors de la seconde. Des dégâts d’autant plus importants que cette année la végétation était précoce ; les experts notaient une avance d’environ 3 semaines sur le cycle végétatif habituel.

Des futures vendanges anéanties à plus de 80% par cette vague nationale de gel…

Si ces gelées n’entraînent que rarement la mort du cep de vigne, elles détruisent par contre le potentiel de la future récolte parce qu’elles interviennent à un moment physiologique du développement de la plante particulièrement sensible : les jeunes feuilles très riches en eau sont sorties des bourgeons. Elles ne peuvent résister dès que les températures descendent à -2 / -3°C…

Bien sûr il existe quelques moyens pour réduire les effets du gel sur le vignoble mais ils sont coûteux et difficiles à mettre en place… En France on en utilise trois principaux :

  • Installation de grosses bougies de paraffine dans les parcelles que l’on allume la nuit.
  • Aspersion d’eau continue pendant la vague de gel pour éviter que la température descende en dessous de 0°C au niveau des bourgeons.
  • Le brassage d’air par l’utilisation d’hélicoptères tournants au-dessus du vignoble.

Il y a aussi une autre façon indirecte de lutter, c’est de partir à la rencontre des vignerons, de consommer leurs vins, d’échanger et de leur serrer la main. C’est notre mission d’amoureux du vin !

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