Producteurs et dégustateurs du monde du vin avaient rendez-vous dans le vignoble bordelais la semaine dernière pour déguster le millésime 2016. Des dégustations le long d’un circuit allant de Saint Emilion à Saint-Estèphe, plein de douceur et de maturité. 

Alors que s’est achevée le 8 avril dernier la semaine des primeurs à Bordeaux, l’univers de l’œnologie reprend son souffle. Pour les Châteaux viticoles ces quatre jours marathons sont chaque année épuisants et chargés d’angoisse. Il faut dire que l’enjeu est de taille : Présenter le millésime en cours d’élevage ( à savoir cette année le 2016 ) aux éminents spécialistes venus du monde entier pour poser un diagnostic sur la concentration des vins, leur puissance aromatique, et leur potentiel de garde. En donnant leur avis, écrivant des notes de dégustations, des articles ou en leur attribuant une note, ils positionnent le millésime dans l’histoire. Ce sont ensuite les propriétaires de Châteaux viticoles qui ont la lourde de tache de sortir leurs prix.

Et cette année les prix risquent d’être élevés, parce que les 2016 ont recueilli toutes les éloges !

Beaucoup ont déclaré ce millésime supérieur au déjà fameux 2015 ! Même s’il faut bien reconnaitre que poser un diagnostic fiable sur des vins qui sortent juste de fermentations n’est pas un exercice facile. Les vins sont fatigués et commencent juste leur élevage en fûts de chêne.  Ils ont besoin de temps pour se combiner et évoluer.

Je dois toutefois me rendre à l’évidence. Les 2016 ont une  extraordinaire souplesse et sont, en un mot,  d’une rare buvabilité ! La douceur du printemps alliée à un été indien radieux ont favorisé un cycle de maturation idéal. Les vignes étaient au moment des vendanges dans un état sanitaire parfait, ce qui a permis aux raisins une maturité aromatique optimale.

Des conditions climatiques qui ont favorisé l’expression de tous les terroirs…

On retiendra certainement de 2016 l’homogénéité du millésime sur les vins rouges. Médoc, Saint-Emilionnais et Graves sont sur un même niveau de réussite, phénomène suffisamment rare pour le souligner ! En blanc, il y a de-ci et là un manque de fraicheur dû à des vendanges trop tardives. Nos blancs bordelais ont besoin d’une bonne acidité pour stabiliser leur équilibre.

Quid du vieillissement des Grands Crus Classés ?

Les 2016 seront à boire dans leur relative jeunesse, il ne sera pas nécessaire d’attendre 20 ans pour les apprécier à leur apogée. Ce qui est une bonne nouvelle pour nous, simple mortels !

Les œnologues se sont régalés à vinifier des raisins sains, mûrs et très aromatiques. Ils sortiront dans un an des vins friands, fruités, complexes, puissants mais buvables. La climatologie les aura aidés à réaliser le millésime que les consommateurs attendaient !

Et si vous dégustiez vous aussi ces 2016 à l’occasion d’un circuit d’oenotourisme…

Il est possible de gouter ce millésime encore en fûts dans certains châteaux viticoles. De plus en plus de propriétés ouvrent leurs portes et les franchir avec une professionnelle permet d’avoir un autre regard sur le vignoble. Encore une bonne raison de contacter Racines du vin !!!

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